Parquet

Les types de parquets

On distingue le parquet massif, le contrecollé (avec juste quelques mm de bois noble, la sous-couche étant de l'aggloméré), et le stratifié (juste un dessin de bois).

Je les ai énuméré dans l'ordre de longévité: pas question reponcer un stratifié, ni de réitérer plusieurs fois l'opération sur un contrecollé.

Les types de poses

Cloué sur lambourdes :

C'est la pose traditionnelle, faisable qu'avec du vrai plancher en lattes épaisses (22 mm en standard). Des lambourdes (tasseaux de bois) sont chevillés sur la chape, et les lattes sont clouées sur celles-ci. Le clou est inséré à la base de la languette, il est donc masqué par la latte suivante. J'ai pu ici utiliser mon beau pistolet-cloueur pneumatique (en doublant ou triplant le clou, avec des orientations différentes, vu le coté maigrichon de ces clous)

Cette pose maintient une lame d'air sous le plancher, ce qui lui permet de respirer. Indispensable pour une pièce avec des risques de remontées d'humidité. Elle maintient de manière ferme mais souple les lattes de plancher épaisse et/ou large, ce que ne peut pas faire les autres techniques. Chaque latte étant maintenue indépendamment, si le bois se rétracte en finissant son séchage (ce qui est quasi-systématique), il se produit un petit espace entre chaque latte très pratique, puisque lorsqu'on balaye, la crasse disparaît sans avoir besoin de la ramasser. Aspect authentique garanti...

J'ai dû utiliser cette technique simplement parce que je ne pouvais pas trouver de plancher flottant en vrai pin, mais seulement en bois nobles trop prétentieux pour des chambres d'enfants. J'en ai été quitte pour couper mes bas de porte (compter 5cm du sol brut, au lieu de 3 pour le flottant).

Il est largement conseillé d'acheter son bois à l'avance, et le laisser dans la pièce au moins une semaine avant la pose, afin qu'il prenne la température et le degré d'humidité ambiante, afin de limiter les déformations ultérieures. Si l'on stocke son bois plus d'une semaine, attention de retirer toute étiquette ou autre objet de la surface des planches: avec le soleil, le bois va changer de couleur, et on verra "l'ombre" le l'objet imprimée dans le bois. Dans une de mes chambre, on peut encore voir le profil de la paire de ciseau qui a servi à enlever l'emballage plastique des lattes (opération nécessaire pour que cela sèche).

Flottante :

Plusieurs types de lattes sont disponible : massif, contrecollé, stratifié. Evidemment, les budgets varient...

Pose "moderne". Une couche isolante (carton légèrement bitumeux, ou mousse en rouleaux, ou autre) est répartie sur toute la dalle, et les lattes de plancher sont simplement posées sur ce support. Les lattes sont collées entre elles.
Cette pose atténue la transmission du bruit de vos pas à l'étage en dessous. Par contre, il est plus sonore dans la pièce où vous marchez. Ceci est particulièrement gênant pour le stratifié: la minceur de la couche de bois produit un son très "toc".

J'ai eu le gros coup de bol de tomber sur un lot de parquet de teck déclassé, à 100 fr. du m². Une aubaine. Evidemment, il y a une contrepartie: le bois comporte des noeuds, des défauts de forme (on peut voir des fois que la latte est restée coincée sous un outil, d'où un creux), ou des défauts de vernis. Il a donc fallu re-poncer tout le parquet, et le re-vernir. A ce stade, les lattes n'étaient pas de couleur uniforme. Il y avait des zones presque blanches, d'autres très foncées. Cela ne me gênait pas, cela participant à l'aspect rustique de la longère (mais rustique de luxe quand même). Et là, autre coup de bol : Le verni qui m'a servi a vitrifier le parquet (déclassé, lui aussi) a lentement décoloré le parquet. Au bout d'un an, j'ai obtenu un parquet en teck blond on ne peut plus "classe" (ce qui est extraordinaire avec du "déclassé"!). Il est devenu aussi blond que sur le plan de travail de ma cuisine, où je me suis fait chier à utiliser un décolorant. Le soleil doit aussi y être pour beaucoup, puisque c'est resté plus sombre dans les chiottes.
 

Collée :

Ressemble à la pose de carrelage. Surtout utilisé pour les planchers constitués de mosaïque de petits bouts de bois, et pour les plancher chauffant.
Je n'ai pas utilisé cette technique

La pose (flottante)

Chaque lame de plancher comporte deux cotés adjacents avec des languettes, et deux cotés avec des rainures.
La séquence de base est : prendre une lame de plancher et le biberon de colle, "farcir" les deux rainures de colle (c'est plus facile d'encoller une rainure qu'une languette. En fait on pose la colle sur la face basse de la rainure, pas au fond. La rainure est plus profonde que la languette, il reste donc un espace pour le surplus de colle), engager les rainures sur les languettes de la lame du rang précédemment posé, disposer un martyr (cale de bois qui ne craint pas les coups)  le long de la lame; quelques petits coups de maillet sur le martyr, et la lame est parfaitement assemblée.

On commence  par un coin, les deux languettes vers le centre de la pièce.
Partir parallèle à un coté de la pièce. Si le mur que vous suivez n'est pas exactement droit, mettez une règle le long du mur, puis poser contre la règle au moins trois rangées de lattes. Une fois la colle sèche, enlever la règle, repousser le plancher vers le mur, caler des entretoises pour ménager un espace de dilatation, puis continuer la pose. Ceci évite que, à chaque fois que vous enfoncez une nouvelle lame, vous déformiez l'édifice déjà si soigneusement assemblé.

Attention, j'ai fait une grosse erreur à ne pas reproduire : Dans mon entrée, il y plusieurs décrochements et renfoncements. J'ai tout parqueté d'un seul tenant, en suivant scrupuleusement le contour, tout en ménageant mes 5mm de dilatation.
 Mais cette marge de dilatation n'est valable que pour une pièce rectangulaire, ou le plancher peut se contracter à l'envie (en fait, à l'achat le bois n'est jamais entièrement sec, il ne se dilatera que rarement par rapport au moment de la pose, en cas d'inondation).
Mon beau plancher en teck a donc fini par sécher en quelques années; La contraction est surtout sensible dans le sens de la largeur des lattes. Malheureusement, le plancher est arrivé en butée sur des décrochements qui se trouvaient éloignés de plusieurs mètres dans le sens de la largeur des lattes. Il a donc fini par se fendre...
Il aurait mieux fallu mettre des barres de seuil dans les endroits stratégiques pour éviter le verrouillage.
Remarque : ce problème est moins sensible dans le cas de la pose clouée, puisque le retrait se traduit par un écartement entre les lattes, et ne se cumule pas pour arriver à un glissement des lattes de bordure.

Le ponçage

Quand on travail avec du bois massif, il y a toujours un coup de ponçage à faire pour bien mettre au même niveau toutes les lattes. On utilise pour cela une ponceuse à parquet, gros engin qui pèse une tonne et qui ressemble aux cireuses de l'ancien temps. Cela se loue.
Sur du bois tendre, cela fait un boulot d'enfer: on retire des dizaines de litres de sciure. Il faut faire très attention de ne laisser à aucun moment la machine immobile, sous peine de faire une marque. On démarre donc la machine avec le tambour levé, on amorce le mouvement d'avance, et on pose le tambour jusqu'à la fin de la ligne droite, où l'on relève avant d'arriver en butée. Les pourtours de la pièce seront fait avec une machine plus petite.

ATTENTION : toujours poncer dans le sens des fibres du bois: Dans un couloir où les lattes sont disposé de travers, je n'ai pas suivi ce principe de base. Ensuite, il fut impossible d'effacer les marques avec une petite ponceuse. Dans ces cas là, il vaut mieux ne pas du tout poncer.

La finition

Si vous êtes un fan de patinage, vous pouvez choisir une finition cirée. Il faut alors bien sûr éviter les projections d'eau, sauf si la bonne odeur s'étant atténué, une petite séance artistique s'imposait.

Le standard est la finition vitrifiée. A priori, c'est assez horrible, surtout dans d'anciens murs. Mais vous n'êtes pas obligés de mettre dix couches, ni choisir un produit brillant. J'ai mis trois couches de produit mat, et j'ai trouvé cela encore trop brillant; J'ai donc passé un coup de papier de verre supplémentaire. Cela a un avantage: en cas de rayure, une petit ponçage et hop! presque disparu. Enfin, pour moi cet avantage est quand même théorique, puisque je me suis rendu compte que, une fois la pièce meublée, on ne fait plus trop attention aux détails du parquet, l'oeil étant irrésistiblement plus attiré par le bordel ambiant.
Donc pour moi, la solution vitrifiée est la seule vivable dans les pièces très vite salies (entrée, salle-à-s'baffrer...).
Pour atténuer les risques de rayures, deux solutions (cumulables):
- Choisir un bois dur,
- Passer une dernière couche de vernis polyuréthane (plus costaud que le vitrificateur standard, mais plus cher et d'une odeur très forte).
Attention: ne pas oublier de dégraisser les bois exotiques avec un coup de trichlo avant la première couche de vernis, sinon cela n'accroche pas.

Pour les chambres et autres pièce qui ont moins de passage, on peut avoir une finition au "fond dur": C'est un vernis qui est entièrement absorbé par le bois (si celui-ci n'est pas gras comme le teck), et qui ne laisse donc pas de pellicule en surface. L'aspect est donc assez naturel, et pourtant le bois est protégé des taches. Je ne sais pas si c'est une solution homologuée, mais c'est la mienne en tout cas.

Pour la forme, je vous rappelle que l'on peut aussi utiliser des lasures teintées pour dessiner des motifs (frise, rose des vents...) sur le plancher avant de vitrifier. Cela peut être très joli, mais attention: Il ne faut pas s'en lasser.

 

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