Jardinier


Evidemment, ce site ne peut prétendre décrire entièrement le boulot de jardinier. Je n'aborderai donc que quelques thèmes génériques qui touchent tous ceux qui constatent que, après les dommages collatéraux dûs au travaux sur la maison,  ce qui devait être un jardin est en fait un immense bourbier entouré de friches.

Pelouse

Première opération, faire table rase en passant du désherbant (Glyphosate comme le "Round-up", qui dit s'éliminer assez vite dans le sol, mais cela devient controversé...) sur toute la surface. Au bout de 15 jours environ, cela commence à jaunir, cela veut dire que la plante est morte et qu'on peut vraiment commencer.

Trouver un gentil agriculteur pour qu'il passe un bon coup de charrue (pour enfouir les plantes mortes, et pour aérer la terre), puis un coup de rotavateur (pour casser les mottes).

Puis vient la tâche chiante de tout ratisser pour égaliser et retirer les pierres qui abîmeraient les pieds des gentils chérubins qui s'ébattront dans la verdure.

Pour la semence, je suis allé prendre conseil auprès du jardinier d'un golf voisin. Si il y en a qui s'y connaissent dans ce domaine, c'est bien eux ! J'ai pris une herbe des îles bretonnes, très fine et robuste, et qui a surtout l'énorme avantage de pousser moins vite que le ray-grass que l'on trouve dans tous les magasins. Etant donné que je met environ deux heures pour tondre mes 1200m2, diviser la fréquence des tontes par deux est immensément appréciable !

Voilà enfin le geste auguste du semeur. On balance une poignée de graines dans un grand geste circulaire. Enfin, je n'ouvre pas la main d'un seul coup, mais secoue le poignet en laissant les graines couler en pluie entre les doigts. Chaque passe doit déposer qu'environ 1/3 de la densité finale. Ainsi, en trois passes croisée à 120°, on arrive à avoir une répartition à peu près régulière.

Un léger coup de râteau mélange la semence à la terre. Un coup de rouleau assure le contact entre la graine et la terre. J'ai pour cela acheté un rouleau, pensant le refaire périodiquement, comme les Anglais. Foutaises ! il rouille maintenant dans un coin du jardin...

Un bon coup d'arrosage, et j'ai bien mérité une bière, tiens...

L'année suivante, Je constatait que ma belle pelouse prenait un aspect bizarre, avec les brins d'herbe montant en spirale autour d'un petit trou... En fait, c'était des tipules (sorte de gros vers court : c'est la larve du cousin, et je ne connais pas d'insecte aussi con et disgracieux). Il faut traiter ! Y parait que le seul produit efficace n'est disponible que pour les agriculteurs (interdit à la vente aux particuliers).

Plus tard encore, la mousse est apparue. Un coup de sulfate de fer, et cela parait bon. Paraît ? en fait, le sulfate de fer tue bien la mousse, mais acidifie le sol, ce qui favorise encore plus la mousse l'année suivante. En fait, il faut répandre de la chaux chaque printemps et chaque automne. J'ai essayé avec un semoir prêté par un voisin. Cela répand bien régulièrement sur la largeur du semoir, mais c'est très difficile d'avoir des passes qui ne se recouvrent ni ne laissent un "blanc". J'ai donc repris le geste auguste du semeur...

Bon, mais la chaux, cela limite la mousse, mais ne la tue pas vraiment. A un endroit que j'ai biné pour élargir la zone des arbustes, j'ai pu constater qu'il y avait encore plein de granules de chaux dans les racines de l'herbe, mais aussi de la mousse.

Un bon truc contre la mousse, et pour rajeunir la pelouse, c'est le scarificateur (à louer dans les magasins de bricolage ou autres...). Ca ressemble un peu à une tondeuse, mais en dessous, c'est un cylindre horizontal qui tourne sur son axe, entraîné par un moteur électrique ou thermique. Sur ce cylindre sont disposées des lames de fer espacées de 2 cm environ, qui viennent affleurer la terre. Avec la rotation, ces lames arrachent donc la mousse, mais aussi une bonne partie de la pelouse. Pour la pelouse,c'est pas trop grave, les racines sont encore là, et en quelques semaines, elle sera regarnie de fraîches pousses.
Passer le scarificateur n'est pas de tout repos: on fait une première passe, et on arrache des mètres cubes de mousses. Et quand je dis des mètres cubes, je n'exagère pas. Les lames étant espacées, on a enlevé la mousse en creusant des sillons dans le sens de progression du scarificateur, il faut donc procéder à 2 ou trois passes croisées pour enlever la majeure partie de la mousse. Mais si l'on procède à une passe sans ratisser la précédente, la mousse déjà enlevée bourre les lames, et l'on procède alors au massacre total de la pelouse. Donc en fait, on passe bien plus de temps à ratisser qu'à pousser la machine. Compter une après-midi complète à deux pour 1000 m².

Il existe maintenant des anti-mousses pour pelouse qui n'acidifie pas le sol. C'est très cher, mais on n'est pas obligé de mettre les doses indiquées, et c'est moins cher, moins long et moins fatiguant que la location d'un scarificateur. Par contre, on ne rajeunit pas la pelouse...
 

Pulvérisateurs

Au départ, je n'ai pas voulu investir dans un pulvérisateur pro. J'ai donc pris un engin à pression préalable de 5 litres. Une pompe sur de bidon met celui-ci sous pression, puis on appuie sur la gâchette. Le produit sort bien (mais avec un faible débit, il faut donc progresser très lentement) pendant un litre, puis il faut regonfler...

Mais quand on consulte les étiquettes, les doses à appliquer sont assez importante. Par exemple, pour un désherbant sélectif pour pelouses (qui vous sera nécessaire très vite si vous ne voulez pas qu'une palanquée de nuisible n'étouffe votre précieuse pelouse : trèfle, plantain, chardons, ...), il faut 10 litres pour 100 m². Bon, je ne mets jamais ces doses sur toute la pelouse, je suis plutôt à 15 litres pour 1000 m², me contentant d'insister sur les zones infestées.

 Donc le pulvérisateur à pression préalable n'est valable que pour les petits jardins (200 m² au max.).

Je me suis donc offert un pulvérisateur à pression maintenue. C'est un bidon de 12 litres que l'on porte sur le dos grâce à des bretelles. La main gauche pompe en quasi-permanence sur un levier, et la main droite balaie avec la lance. Le débit est environ 5 fois plus élevé, on passe donc beaucoup moins de temps lors des traitements. Le fait de marcher plus vite est aussi beaucoup plus confortable, et on hésite moins à faire des passes croisées. Bref, je vous conseille l'investissement.

Tondeuse, et débroussailleuse et tronçonneuse

Pendant au moins 6 mois par an, vous allez consacrer au moins une heure par semaine pour tondre votre pelouse. Pour choisir sa tondeuses, il vaut mieux un engin tracté, avec une lame la plus large possible, et surtout un grand bac de ramassage. On passe réellement autant de temps à vider ce sac qu'à couper l'herbe. Si bien que je gagne bien 20 minutes en positionnant ma remorque au centre de la pelouse, et en vidant mon sac dès que je passe à coté (même si il n'est pas tout a fait plein).
Préférer un carter en fonte. Ma première tondeuse est morte par la rouille.
J'ai eu aussi pas mal de problèmes de carburateur bouché. en démontant celui-ci, je trouvais que l'aluminium partait en poudre. A priori, cela venait du vieillissement de l'essence. Il ne faut donc pas acheter celle-ci en trop grosse quantité, et y rajouter un additif stabilisateur prévu normalement pour les tronçonneuses.

Je ne regrette pas l'achat de ma débrousailleuse, mais finalement, elle ne me sert que deux-trois fois l'an. Donc un modèle de base avec une tête coupe fil et une lame pour les herbes trop hautes et les ronces, et basta. Attention si vous êtes allergique comme moi, cet engin projette plein de truc dans l'air, j'utilise donc le masque à gaz-poussières décrit dans le chapitre "Outillage".

Pour la tronçonneuse, à moins d'avoir un jardin énorme, je conseille plutôt une avec moteur électrique. J'ai encore le souvenir de l'engin de mes parents, avec lequel on passait plus de temps à réparer et à tirer sur la ficelle que pour couper le bois. Les travaux de tronçonnages ne se font que quelques fois l'an, et à un endroit bien défini du jardin, donc pas trop gênant de tirer un câble à ces moments. On a ainsi une machine très légère, que l'on peut manier à bout de bras si l'on prévoit que toute trajectoire tombante de la lame ne rencontre aucun membre vital du porteur...

Ramasser les feuilles

Ma pelouse est entourée d'un talus planté de chênes. C'est très joli, mais les chênes, eh bien ça fait des feuilles qui tombent, et pas qu'un peu, et en plus, elles ne tombent pas toutes en même temps rien que pour m'emmerder. En gros, j'ai à peine le temps de me féliciter d'avoir quitté la saison des tontes que je tombe dans deux mois de ramassage de feuilles. Et je trouve cela ingrat, le ramassage des feuilles.

J'ai d'abord essayé la balayeuse "automatique". Cela ressemble un peu à une poussette, avec un cylindre-brosse qui tourne lorsqu'on pousse, et qui recouvre bébé de feuilles, du moins si on est pas vent de travers.
Il faut pousser assez énergiquement, c'est assez sportif, et au moins on attrape pas froid dans son jardin l'hiver.
Cela ne marche pas trop mal, mais le bac se remplit en une dizaine de mètres (les feuilles ne se compactent pas dans le réceptacle), et finalement il faut passer toutes les semaines pour éviter que les feuilles se détrempent au sol et collent à la pelouse. Il faut aussi passer assez régulièrement la tondeuse, sinon l'herbe a tendance à se coucher, et la feuille y colle d'autant plus facilement.

J'ai aussi essayé la technique "on attend qu'elles soient toutes tombées, et on ratisse". mais la période de chute est trop longue, mon jardin est marron pendant deux mois, et les feuilles pourrissantes ont le temps de tuer l'herbe par endroits.

J'ai alors acheté un souffleur-aspirateur-broyeur. Cela marche correctement, mais je ne conseillerai cela que pour les surfaces inférieures à 200 m².
Le soufflage ne marche que si on a pas accumulé un tas (donc il faut ramasser tout le temps un truc qui n'est même pas un tas, puisque étalé sur 2 mètres, donc il faut en plus ratisser).
L'aspiration est très lente puisqu'il faut balayer toute la pelouse avec un tuyau de 10 cm de diamètre.

Finalement, j'ai trouvé la machine idéale: C'est un aspirateur-broyeur avec un diamètre de 50 cm, sur roues, avec un sac facilement amovible. Et là où elle est géniale, cette machine, c'est que quand l'herbe est un peu trop haute, elle la coupe en même temps qu'elle ramasse les feuilles!
Le seul problème, c'est que son sac est décidemment trop petit; il faudrait vraiment que je bricole un bac plus grand, cela me servira aussi pour la tondeuse...

 

Déroncer

Les ronces (et les fougères) envahissent mes talus, et c'est tous les ans la même chose: faut nettoyer.

Ma première méthode fut l'arrachage. c'est particulièrement sportif avec les ronces, profondément enracinées. Résultat quasi-nul (enfin, valable 6 mois).

L'année dernière, j'ai inaugurée une nouvelle méthode: je coupe la ronce ou la fougère près du sol, et je peinturlure la coupe avec du glyphosate pur (enfin, juste coloré avec du marqueur bleu, un colorant spécial qui permet de voir où l'on est déjà passé, et qui permet surtout de voir que l'on s'en met presque toujours sur les mains si l'on ne met pas de gants, vous savez, pour ce petit boulot qui prendra à peine 10 minutes...).

La méthode a l'air efficace pour les fougères. Pour les ronces, le bilan est mitigé. Je suis donc en train de faire des essais avec du dévitaliseur pour souches...

Bref, si vous en avez l'occasion, plutôt que mes petits bricolages, il doit être bien plus rentable de passer globalement un débroussaillant chimique sur le tout, puis ressemer...

 

  Si vous ne voyez pas le menu sur la gauche...