Etat initial de kervéré


Ca faisait environ 3 mois que je cherchais une maison. J'étais jeune embauché, et je n'avais pas d'argent devant moi. Je ne souhaitais pas vraiment me lancer dans une grande rénovation, j'étais juste prêt à faire les améliorations standard... Toutes les maisons étaient soit très chères, soit très moches, soit très petites, mais le plus souvent les trois à la fois. Puis, je suis passé par hasard chez un notaire, et là il y avait une annonce écrite au stylo bille avec une application d'écolier. Bon, le prix était intéressant : 130 000 francs. Allons visiter. Evidemment, à ce prix là, le notaire ne se déplace pas, je pars donc dans la cambrousse à la recherche de la magnifique longère, et je tombe sur "ça" :


Là, on est près du portail, et on voit les 3 premiers bâtiments de la longère (architecture assez courante en Bretagne : le paysan ajoute des bâtiments les uns à la suite des autres au fur et à mesure de ses moyens). Chaque bâtiment à une surface intérieure d'environ 4,5 x 8 mètres.
Au premier plan : la porcherie : Sol de pierres grossièrement ajustées, petits murs bas pour délimiter 3 soues de dimensions diverses.
Puis l'écurie - zone de stockage des pommes de terre pour les cochons (sol en terre battue, pas de cloisons)
Puis l'habitation : Un rez-de-chaussée cuisine-salle-à-manger, une cloison en planches pour la chambre (grand luxe: le sol de terre battue à été recouvert d'une dalle béton de 1 cm d'épaisseur !), puis un escalier qui monte au grenier. Un vrai grenier où l'on stocke le grain, avec les marques à la craie pour compter les sacs, et le plancher complètement attaqué par la vrillette.

Puis suit le dernier bâtiment : le poulailler (terre battue):

Puis suit le "jardin", avec son enclos afin que les poules prennent le bon air:

Ces photos extérieures prises au début de l'été démontrent un charme et un délabrement certain. Mais le charme était encore plus grand, et le délabrement encore plus énorme : fissures, fuites de toit, poutres pourries, Fibrociment de la toiture transpercé par la mousse, murs disjoints, rafistolés, gondolés...
De fait, les proprios, des fermiers,  se sont fait construire une belle Lemoux-Bernard en parpaing à 500m de là, et les seuls habitants pendant 20 ans n'ont été que les animaux. Le compteur électrique a été enlevé en 1977, ne subsistait qu'un robinet et la cheminée pour faire cuire la pâtée des cochons.
Assez rustique donc, mais le terrain à lui seul (1400 m2) valait le prix (environ 100 F/m2 constructible dans la région).

Je faisais l'acquisition de ce terrain, me demandant si j'arriverai à tirer quelque chose de ces admirables et épiques murs...

 

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